Les patates c’est la vie, vivent les gnocchis

Nous y voilà. Je vais parler de cuisine italienne. Je suis pas très tranquille. Je vais pas aller jusqu’à dire que j’ai les genoux qui font des castagnettes (sic) à l’idée de parler de l’Italie, mais presque. Pourquoi tant de pression? Parce que ça fait longtemps que je le sais: si mes racines sont espagnoles, mon cœur français, mes oreilles anglo-belges, mon estomac est irrémédiablement italien. Quelque soit l’heure du jour ou de la nuit, depuis que mon palais est assez grand pour formuler ses envies, chaque fois qu’on me demande ce que je veux manger, je réponds invariablement « bah… euh… des pâtes? ».

Certes, je n’ai pas toujours été pointue en matière de pâtes. Je confesse même en avoir acheté des « cuisson 3 minutes ». Mais je me suis affinée au fil du temps, je suis même tombée amoureuse d’un rital qui a failli tourner de l’œil quand il a vu que je remuais mes linguine avec une fourchette en métal pendant la cuisson. Et un beau jour, ma route a croisé celle de Floriana, et j’ai saisi. La cuisine italienne est simplissime, faite avec les ingrédients les plus basiques qui soient, elle est magique, universelle, et incroyablement généreuse. Alors j’ai décidé de partir à sa conquête. J’ai commencé par la Carbonara, puis le Ragù. Ensuite j’ai testé les Lasagnes, puis la Pizza. La cuisine italienne pense à tout, elle ne laisse rien au hasard. Pourquoi se compliquer la vie quand on peu faire aussi simple et efficace? Tout ce dont tu as besoin, c’est d’amour et d’un peu de temps.

Du temps, ça tombe bien, ce week end j’en ai eu, alors j’ai décidé de faire des gnocchis. Des vrais de vrais. Pour ça, je me suis référée à la bible de la cuisine italienne, achetée sur les conseils de Floriana, qui m’a dit un jour « Quand ma mamma ne sait pas, c’est là qu’elle va voir ». Un petit investissement, mais si tu ne devais posséder qu’un seul livre de cuisine, ça devrait être celui là. Il y a tout dedans (sauf la recette des Aubergines à la parmesane, DAMNED), parce que la cuisine Italienne est une éponge, et qu’elle absorbe tout. Ce livre, donc, c’est La Cuillère d’argent.

Pour faire des Gnocchis pour 4 personnes, il te faut

  • un plan de travail propre et avec un peu de place.
  • pas peur de pourrir ta cuisine
  • une cocotte minute, un cuiseur vapeur ou au PIRE un grand faitout
  • 1,5 kilo de pommes de terres
  • Beaucoup beaucoup de farine
  • un oeuf
  • un couteau
  • une fourchette
  • du temps

Alors encore une fois, j’ai beau respecter la cuisine italienne de tout mon cœur, je suis PARFAITEMENT indisciplinée. Quand par exemple la recette dit de prendre 1k5 de patates, j’en prends un gros paquet et je pèse pas, parce que peser ses patates, je trouve ça chiant. J’ai donc utilisé tout ça:

pommes de terres gnocchis

oh, des futurs gnocchis!

et après je les ai épluchées à l’aide de mon WillyWaller2006 et ça a donné ça, c’était sublime:

patates nudistes

patates nudistes

Puis je les ai fait cuire à la vapeur pendant 25 minutes dans ma cocotte minute. Il semblerait que ce soit meilleur pour les gnocchis de les faire à la vapeur, ça les rends plus légers, mais la cuisson à l’eau peut aussi faire l’affaire. Une fois cuites, il faut se munir d’un presse purée. Sauf que moi, j’en ai pas, alors j’ai utilisé une fourchette, et j’ai fait passer sur ses pauvres patates qui n’avaient rien demandé à personne toute ma colère de ne pas posséder de presse purée. Âmes sensibles s’abstenir, ça a donné ça:

Massacre à la patate

Massacre à la patate

Je sais, c’est affreux. Mais j’ai été punie, parce que j’ai voulu faire l’étape suivante tout de suite, sans attendre que ma purée refroidisse et je me suis cramé les mains. Ne fais donc pas comme moi, et attends un peu, avant d’ajouter ton œuf battu et ta farine et une pincée de sel et de malaxer tout ça.

Concernant la farine, le sujet est délicat. La recette de la cuillère d’argent préconise 150 à 200g de farine, mais pour moi ça n’a clairement pas été assez. J’imagine que ça doit dépendre de la qualité et de la quantité (je rappelle que je n’ai pas pesé mes patates, gourdasse que je suis) de pommes de terre. Je suggère donc de commencer par 150g et d’en rajouter progressivement au fur et à mesure du pétrissage. L’objectif étant d’obtenir une pâte souple, élastique et pas trop collante. c’est assez surprenant, parce que de texture et d’apparence, ça ne ressemble plus du tout à des pommes de terre, mais plutôt à de la pâte à pizza. Vise plutôt:

pâte à gnocchis

pâte à gnocchis

Là c’est pas trop visible, mais je pense avoir de la pâte à gnocchis pour approximativement 125 personnes. Bref. C’est maintenant que vont commencer les choses sérieuses, et que ça va être Armageddon dans ta cuisine. Dégage toi un grand plan de travail. Et si tu as la chance d’avoir plein de plaques ou de lèche-frites, sors les, farine les à mort. Parce que je me suis fait avoir comme une bleue. J’ai tout bien roulé mes gnocchis avec amour et patience, et je les ai collés dans un saladier au fur et à mesure. ERREUR DE DÉBUTANT. Les gnocchis crus ne tiennent pas, et résultat des courses, quand j’eus fini de tous les façonner, je remarquai que tout était à recommencer, parce qu’ils s’étaient tous recollés entre eux. Donc il est primordial que tous tes gnocchis soient disposés soigneusement les uns à côté des autres et qu’ils ne se touchent pas, sinon t’es bon pour recommencer. D’où les plaques de four par exemple.

Donc pour faire des Gnocchis, tu farines ton plan de travail comme si ta vie en dépendait (c’est un peu le cas d’ailleurs, si tu farine pas assez, ça colle et à nettoyer c’est une tannée), tu prélèves une petite boule de ton pâton, et tu en fais un petit boudin épais comme un gros pouce. N’hésite pas à recoller de la farine par dessus, c’est la fête. Une fois que tu as un ton boudin, tu le coupes en tronçons avec un couteau qui coupe bien. Et PAF, ça donne ça:

promo sur la farine

promo sur la farine

Là, deux solutions s’offrent à toi. Soit c’est la deuxième fois que tu tronçonne ta pâte de patates parce que tu n’as pas suivi mon judicieux conseil est t’es un peu saoulé de faire des petits boudins et tu veux en finir vite et auquel cas tes gnocchis sont prêts, soit tu veux qu’ils ressemblent plus à des gnocchis qu’à des petits cacas, et là, il te suffit de les rouler délicatement sur une fourchette:

WAHOU

WAHOU

Et voilà. Il n’y a plus un centimètre carré de ta cuisine dépourvu de farine, tu as des patates jusque dans les cheveux, mais tes gnocchis sont près à passer à la casserole. Il te suffit de faire bouillir un grand volume d’eau, d’y ajouter une poignée de gros sel et d’y plonger tes gnocchis un par un. Ce n’est pas une coquetterie, c’est juste que si t’en prends genre 3/4 en même temps, ils se recollent entre eux et ils redeviennent des petit cacas moches (mais bons quand même) (mais moches). Pour la cuisson, c’est fastoche: pas besoin de minuteur, c’est la pêche aux canards. Chaque gnocchi qui remonte est un gnocchi cuit.

Pour les manger, tu peux les servir tels quels avec la sauce de ton choix (genre un Ragù?), ou alors faire comme Gennaro, ce que pour ma part j’ai tenté de faire, et c’était à se taper le cul par terre de bonheur. Gennaro? C’est lui. C’est en anglais, désolée, mais les images se suffisent à elle mêmes:

Par contre, ne rêve pas mon petit chat. N’est pas Gennaro qui veut. Et si tu t’attends à ce que t’es gnocchis soient aussi beaux que les siens, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au coude. ET UN BON APPÉTIT BIEN SÛR

Publicités

11 réflexions sur “Les patates c’est la vie, vivent les gnocchis

  1. Ma petite Bree Alias Almira, un conseil de mère juive qui fait des gnocchis, tu achètes de la grosse patate bien farineuse genre Bintje, tu étales une nappe en coton sur ta table de salle à manger ( si tu as une salle à manger) et si t’es un peu porcasse tu mets tu plastique par terre comme ça quand tu farines tes gnocchis tu peux les laisser sur la table joliment au bout sur un linge que tu apportes après dans ta cuisine.
    Une variante ? Tu remplaces la patate par de la patate douce ou du potiron que tu auras fait rôtir au four en tranches .
    Bises ma chère Bree et à bientôt
    Bubba

  2. Un jour, il y une mamie italienne qui avec son accent fabuleux m’a dit que pour les gnocchis la varieté de la papate change tout. Selon elle c’est des binjes et rien d’autres. Si elles sont pas toutes jeunes et un peu frippés c’est encore mieux (elles commencent a se deshydrater et mangeront moins de farine).

  3. Pingback: Le Gourmet solitaire | de brie et de fureur

  4. Pingback: Reviens Léon… | de brie et de fureur

  5. Un jour ma Mamie Lombarde m’a dit qu’elle allait faire des gnocchi et qu’il fallait que je regarde bien. Ma chance c’est qu’alors j’étais assez grand pour porter ma tête plus haut que bord de la toile cirée. Ma Mamie avait un accent fabuleux elle aussi mais elle n’a pas dit un mot. J’étais bien sage et je me souviens toujours qu’il n’y avait pas d’œuf, qu’il n’y avait rien à mesurer et c’était suuuuper bon. Depuis, c’est la seule recette que je ne fais qu’à l’œil et que je ne rate jamais. Pour les patates, on prend celle qu’il y a sous la main, ça suffit. Avec une bleue d’Artois, c’est aussi très joli.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s