Le pistou, peuchère !

Finis, le sable dans les chaussures, la crème solaire qui pègue et les cigales qui bercent ta sieste. C’est la rentrée.

Enfin, c’est ce que tu crois. Parce que des vacances en Provence, quand il y en a plus, il y en a encore. Ton primeur, il a probablement tout ce qu’il te faut pour te faire chanter tous les « putain », les « con », les « peuchère » et autres « fatche » qui te manquent déjà.  On va faire une soupe au pistou, ça va t’espanter.

La soupe au pistou, c’est une institution. Probablement parce que c’est aussi emblématique que rare. Rare ? Oui, parce que tu ne peux la préparer qu’à la fin du mois d’aout et au début du mois de septembre, quant on trouve sur les étals des maraîchers les dernières tomates et les premiers cocos. Et aussi parce qu’au moment de préparer cette soupe, il fait tellement chaud que rien que l’idée d’en manger te file des suées. Mais c’est une si belle façon de savourer les dernières chaleurs…

Il n’y a pas de vraie recette de soupe au pistou. La mienne, par exemple, est un mélange de celle que me faisait ma maman, et celle que m’a fait un jour la maman d’Isabelle. Certifiée 100% provençale donc.

Avant de commencer, il faut savoir qu’il est  impossible de faire une soupe au pistou pour deux personnes. C’est six, minimum. Mais pas de panique. Si tu n’as pas cinq amis, ou que tu as envie de te réserver ce petit bonheur pour toi tout seul, la soupe se congèle.

Pour 6 personnes, il te faudra donc :

Pour la soupe

  • aimer découper des légumes
  • du temps
  • un grand faitout
  • 5 litres d’eau
  • 1kg de haricots blancs
  • 1kg de haricots rouges (ceux avec la cosse zébrée de violet)
  • 500g de haricots verts
  • 5 tomates
  • 3 pommes de terre
  • 4 courgettes
  • 3 carottes
  • 1 oignon
  • 2 grosses poignées de coquillettes
  • du sel
  • du poivre

Pour le pistou

  • être célibataire, bien installé dans sa vie de couple
  • 10 gousses d’ail
  • 200g de parmesan fraichement râpé
  • un pot de basilic à petite feuilles
  • de l’huile d’olive

Il va sans dire que les haricots, qu’ils soient verts, blancs ou rouges sont frais.  La première étape va d’ailleurs être de les écosser ou de les équeuter, pendant que les 5 litres d’eau salée chaufferont jusqu’à ébullition. 

Dès que l’eau bout, jettes-y les cocos (les haricots blancs et les haricots rouges). Ils vont être les premiers à cuire, parce qu’ils ont besoin de temps. De 30 à 45 minutes d’avance. Ça tombe bien, toi aussi. C’est l’heure de peler les carottes et les pommes de terre, puis de découper tous les légumes en petits dés. Au bout d’une grosse demi-heure, tu peux mettre les haricots verts, les courgettes, les pommes de terre, l’oignon et les carottes. Mais pas les tomates. Je les mets à la fin, sinon elles fondent, et ma soupe manque de rouge. 

Laisse cuire encore entre 30 et 45 minutes, en remuant de temps en temps. Goûte le bouillon, et rectifie l’assaisonnement si besoin. On arrive presque au bout. Tu peux maintenant mettre les tomates et les coquillettes. Dans 20 minutes, on passe à table, ce qui est juste le temps qu’il te faut pour faire le pistou.

Pour le pistou, soit tu es un puriste et tu le fais au pilon, soit tu n’as pas peur d’aller brûler en enfer et tu le fais au mixeur. C’est affreux, mais je le fais au mixeur. Alors que j’ai un pilon. 

repoussoir à bisous

repoussoir à bisous

Commence par peler tes gousses d’ail et ôte le germe (pour la digestion). Pour le basilic, il en faut plein. Plus il y en a mieux c’est. Je préfère les petites feuilles, je trouve qu’elles sont plus douces et savoureuses. Mais si tu n’as que des grandes, ça va aussi. Mets le parmesan, le basilic et les gousses d’ail dans le bol du mixeur. Lance le brièvement. Une demi seconde. Arrose d’huile d’olive. Un autre petit coup. Une autre rasade d’huile. Jusqu’à ce que ça fasse une pommade verte comme le printemps et parfumée. 

Maintenant, il y a deux politiques pour le pistou. Soit tu balances tout dans la soupe (option que je recommande si tu veux congeler), soit tu en mets un peu dans la soupe et le reste dans un joli ramequin pour que les convives assaisonnent comme ils l’entendent. La deuxième option est de très loin ma préférée. 

Tu peux maintenant servir la soupe, en l’accompagnant de pain au levain grillé et frotté d’ail. Quitte à avoir une haleine de poney, hein. Et puis c’est bon pour le coeur. 

le soleil dans un bol

le soleil dans un bol

 

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7 réflexions sur “Le pistou, peuchère !

  1. Comment ça tu fais le pistou au mixeur ??? Non mais allo !! C’est comme si je te disais t’es Provençale et t’as pas de mortier ! Non mais allo quoi ?!

  2. Et comme dirait Ophélie W (qui a souhaité conserver l’anonymat) : « shame on you » ! Surtout que certaines sources proches du dossier affirment que tu disposes d’un mortier en porcelaine adapté à ce type d’opération (certes le bois d’olivier serait l’idéal mais c’est déjà un bon début !). Cela dit : excellente recette ! En ce qui nous concerne on évite le mélange pommes de terres / coquillettes : avec que des légumes c’est bon aussi… et tu sues autant quand tu la dégustes !!

  3. Ah, autre chose… « La soupe au pistou, plus ça cuit, plus c’est bon » (proverbe Provençal à l’origine incertaine). Perso, je la fais cuire 3 ou 4 heures. Et elle est encore meilleure réchauffée le lendemain ! Enfin, à noter qu’elle peut se servir aussi froide sans perdre de sa saveur (mais la sueur sur le front en moins…).

  4. Pingback: Miso maison | de brie et de fureur

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